Au fil du temps

20 Janvier - 3 Mars 2018 Vernissage le 20 Janvier 2018

Presentation

J’ai rencontré le travail de Steven Rifkin au détour de sa collection de tirages photographiques qu’il constitue désormais depuis plus de trente ans. C’est presque par hasard que j’ai remarqué dans son immense studio de Mount Vernon, dans la banlieue de New York, un corpus de petits tirages remarquablement réalisés, signés Steven Rifkin. Ma surprise fut grande car il ne m’en avait jamais parlé auparavant, mais à la réflexion, je n’en fus pas très étonnée. Rifkin fait partie de ces êtres humains, discrets, toujours à l’écoute des autres et dont la pudeur est le maître mot. Très rapidement, j’ai décidé d’exposer ses photographies à la galerie. Ce travail ne documente pas le monde mais il parle de ses émotions, de sa propre vie. C’est un chemin de traverse que j’emprunte avec grand bonheur. Je suis très heureuse que Steven Rifkin ait choisi Les Douches pour dévoiler ce travail.

Françoise Morin

Dossier de presse

Communiqué de Presse



On imagine (à tort peut-être) Steven Rifkin comme étant un homme apaisé, presque heureux, d’une élégance et d’un raffinement extrême. Mais nous l’imaginons évidemment à l’aune de son œuvre. Cette exposition aurait également pu s’intituler : La Douceur de Vivre.

Steven Rifkin nous promène au fil des jours, on pourrait même dire au fil de l’eau, dans une Amérique que l’on n’avait quasiment jamais vue de la sorte. Des années 70 à nos jours, Steven Rifkin nous fait découvrir une Amérique d’une pureté étonnante, et ses habitants sont photographiés comme autant d’acteurs d’une comédie musicale muette filmée en noir et blanc. Quand on les retrouve par deux, ses personnages sont pour ainsi dire le positif des characters de Diane Arbus. Car Rifkin n’appartient à aucune tradition ; il est sa propre tradition, comme il nous raconte sa propre Amérique. Une Amérique pacifiée, où Kennedy et Luther King n’auraient jamais été assassinés, une Amérique qui n’aurait pas connu le Vietnam, une Amérique dont Donald Trump ne serait pas le président.

Mais l’on doit cette apparence de douceur suprême tant à ses sujets qu’à la qualité unique de ses tirages. On ne saurait imaginer ses photos tirées par quelqu’un d’autre que lui ; elles possèdent la douceur et le mystère des esquisses, à tel point que l’on se demande presque s’il s’agit de tirages ou de dessins. Et l’on n’est pas surpris que Steven Rifkin soit également le tireur attitré de nombre de grands photographes. Et parmi ces grands photographes, Steven Rifkin lui-même.

Olivier Beer