Presentation

Les photographies ont été réalisées dans le Nord, la Somme et le Pas-de-Calais où se sont déroulés la plupart des affrontements lors de la première guerre mondiale. L’intérêt d'Aymeric Fouquez pour les cimetières érigés appartenant aux anciens pays belligérants s’est porté sur leur incursion dans la campagne française. Le photographe nous invite à une réflexion sur le paysage, à savoir comment s’inscrivent ces territoires, presque un siècle plus tard sur le territoire souvent hostile des grandes plaines agro-industrielles du Nord de la France.

Aymeric Fouquez vit et travaille à Cologne. Il est diplômé de l'Ecole Nationale de la Photographie d'Arles, et de l’ Academy of Visual Arts Leipzig

Ville Ouverte présente dans le cadre des « Rencontres Photographiques du Xe »

 la série  d'Aymeric Fouquez intitulée « Nord ».

Dossier de presse

Communiqué de Presse



« Il n’ y a rien de plus invisible au monde qu’ un mémorial 

(Robert Musil)

Note d’intention

Par Arno Gisinger

« Le plus remarquable avec les mémoriaux, c’est que l’on ne les remarque pas. Il n’y a rien de plus invisible au monde qu’un mémorial. » Cette formule paradoxale de l’écrivain autrichien Robert Musil s’applique particulièrement bien aussi aux mémoriaux qu’Aymeric Fouquez retranscrit dans les images de sa série Nord : les cimetières militaires de la première guerre mondiale avec ses pierres tombales et ses monuments.

Ces photographies, plongées dans la lumière pâle de l’hiver du Nord de la France, composées avec précision et avec une profondeur de champ presque absolue, montrent les sépultures soigneusement entretenues des champs de bataille des années 1914-1918 dans toute leur ambiguïté. Parfois, elles se perdent dans une sorte d’équilibre entre l’espace et le temps d’un paysage ouvert et à d’autres moments, des fermes mitoyennes marquent une relation explicite avec le présent et ainsi notre distance temporelle avec ses preuves du passé.  C’est avec cette distance précisément définie par rapport au sujet, qu’Aymeric Fouquez traite exactement de ce décalage entre visible et invisible qui est si caractéristique pour la perception des lieux de mémoire.

« On ne peut pas dire qu’on ne les remarque pas ; on devrait dire qu’ils se « démarquent » de nous, qu’ils échappent à nos sens. C’est la caractéristique positive de ces lieux que de se prêter à nous rendre vigilant. »