Presentation

Après la mort de son père, Jean Moral est placé au pensionnat et occupe son temps libre à dessiner. A l’âge de 17 ans, en 1925, il découvre la photographie et cherche à capter les lieux et les gens qui lui sont chers dans la peur de la perte, souffrance de son enfance.  Jean Moral pratique la photographie avec un œil nouveau et en autodidacte.
Selon sa fille, « Jean Moral, pupille de la nation après la mort de son père en 1914, est un écorché vif d’une immense sensibilité… Sa vision ne peut être que celle d’un univers libre. Il aime le naturel et l’instantané. Il cadre quasiment tous ses tirages dans l’émotion de la visée. Le fabricant Rolleiflex ne s’y est pas trompé qui le choisit pour le présenter, dans ses publicités, comme l’exemple du photographe du mouvement et de la prise de vue directe. »
Jean Moral vagabond, déambulateur, son Rolleiflex  toujours à portée de main, reste ce photographe de l’extérieur. La contre-plongée, les gros plans, les jeux d’angles habitent nombre de ses photographies, le sujet n’est que prétexte à composition. Les premières années, il travaille dans son laboratoire à transformer ses prises de vues extérieures par la solarisation, la surimpression. Ses cadrages sont  bien souvent ceux réalisés sur le motif vivant, rarement dans la chambre noire. Homme du plein air, il est l’un des premiers à mettre les mannequins dans la rue pour la mode, jouant de l’espace urbain pour dynamiser et apporter l’énergie de la ville au cœur d’un métier qui se pratique jusqu’alors en studio. Son travail, remarqué par la papesse de la mode américaine Carmell Snow, lui permettra d’être le seul français sous contrat chez Harper's Bazaar et de couvrir durant des années les collections parisiennes pour ce grand magazine de mode.
Grand sportif et adepte de la vie au grand air, comme Boucher et Steiner, il développe son style dans ces prises de vues de plage, de montagne, à la piscine Deligny, etc., qui seront publiées dans Paris magazine durant une décennie.
Dans ses prises de vue, il vise à un maximum d’expression par l’emploi de perspectives insolites. Il s’empare du monde en le photographiant de manière inédite : en très gros plans, basculé par la contre-composition, en vue aérienne, par la plongé ou contre-plongée. Il serre les cadrages jusqu’à faire de la limite un élément essentiel, interne à la composition.

Collections publiques

MNAM, Centre Pompidou, Paris

Musée Nicéphore Nièpce, Chalon-sur-Saône

Museum of Fine Arts, Houston

MOMA, New York

TATE, Londres