Pascal Kern

Presentation

Pascal Kern est né en 1952 à Paris. Il étudie à l’École des Beaux-Arts de Paris de 1970 à 1973, au sein de l’atelier de gravure, et, parallèlement, à l’Unité pédagogique d’architecture, de 1972 à 1973. En 1973, il rejoint l’université de Paris I en licence d'arts plastiques, soutient un DEA en 1978 et s’inscrit en doctorat en arts plastiques sur la « Problématique de la relation entre l’objet et la fiction ; analyse et expérimentation à partir d’une pratique personnelle ».

Dans les années soixante-dix, il arpente terrains vagues, décharges et usines abandonnées pour y ramasser des objets qu'il met ensuite en scène dans de grandes installations, sous le titre générique de « Fictions ». Ces premiers travaux sont exposés au Musée National d'Art moderne dès 1980.

À partir de 1981, Pascal Kern met en scène dans l'espace de son atelier les objets qu'il a accumulés puis les décompose sous l'objectif, révélant leurs différentes faces qu’il tire sur support photographique à partir de 1983. Mis en lumière, les objets patinés et rouillés deviennent vibrants de matière et acquièrent une dimension sculpturale, que la matérialité de l'image photographique, le choix du grand format et la présence du cadre accentuent. La photographie constitue pour Pascal Kern le moyen d'augmenter sa réflexion sur la sculpture et les rapports de cette dernière à l'espace.

Les créations du plasticien offrent au regard une certaine stabilité tout en exprimant un état de tension à travers l'alternance des pleins et des vides, du positif et du négatif. Ni sculpture, ni peinture, ni photographie, l'œuvre de Pascal Kern remet en cause nos habitudes perceptives pour nous amener à expérimenter le réel de manière inédite. Aucune définition ne convient donc pour ces images « fabriquées » qui prennent à travers notre regard, le statut d'icônes.

Biographie

Collections publiques

FNAC (FR)

FRAC Pays de Loire (FR)

FRAC Champagne Ardennes (FR)

FRAC  Picardie (FR)

FRAC Haute Normandie (FR)

FRAC Franche Comté (FR)

FRAC Basse Normandie (FR)

FRAC Alsace (FR)

FRAC Auvergne (FR)

Musée du Havre (FR)

Musée de Belfort (FR)

Musée d’Aurillac (FR)

Maison Européenne de la Photographie (FR)

Bibliothèque Nationale (FR)

Centre National d’Art et de Culture George Pompidou (FR)

Musée Réatu – Arles (FR)

Musée National d’Art Moderne (FR)

Musée d’Art Moderne de Strasbourg (FR)

Musée Cantini – Marseille (FR)

Fondation Cartier (FR)

Musée de Santa Barbara (2) – (US)

Musée de Baltimore (US)

Musée de Philadelphie (US)

Museum of Fine Arts– Houston (US)

Collection Royale Belge (BE)

Collection de la Ville de Lannion (FR)

Collection de la Ville de Vitry-sur-Seine (FR)

Fonds Départemental d’Art Contemporain de Seine St Denis (FR)

Artothèque Angers (FR)

Artothèque Nantes (FR)

Art Institute of Chicago (US)

(Collections privées Françaises, Européennes et Américaines)

Textes

L’ÉLOGE DU PARADOXE

Même si les œuvres de Pascal Kern relèvent toujours de la photographie au sens technique du terme, ne nous y trompons pas, il s’agit de bien plus encore.

En observant de près ces grands tirages Cibachrome, aux couleurs très séduisantes, nous sommes en face d’installations sculpturales temporaires, de mises en scène à partir d’éléments naturels (cucurbitacées) ou industriels (objets récupérés) qui bouleversent irrémédiablement nos codes de perception de l’espace. À travers ces trois séries, Fictions colorées, Sculpture, Nature, Pascal Kern brouille toutes les cartes.

Comme le souligne Philippe Piguet, « tout est conjugué sur un mode complémentaire, le plein / le vide, le négatif / le positif, l’endroit / l'envers, la surface / le volume. Il s’agit toujours chez lui de mettre en évidence, la présence d’un espace virtuel, procédant d’une réalité davantage conceptuelle que tangible »[1].

Tout est prétexte en effet à une lecture paradoxale. Si l’on veut bien admettre que le propos de Pascal Kern n’est donc pas de représenter des objets en tant que tels, il faut alors affirmer que son travail nous questionne sur les modes de représentation propres à l’histoire de la peinture et de la sculpture, ce passage de deux à trois dimensions et inversement. Pour Régis Durand, « tout cela conduit le spectateur à des allers et retours entre la fascination de l’image photographique, en son raffinement extrême, et la conscience que sa fonction traditionnelle est déplacée et exige de nous une nouvelle attention. Nous n’avons à faire ni à une célébration, ni à une déploration du monde, comme le sont souvent tant de photographies. Mais plutôt à une très riche méditation sur l’usage des formes, leur destin, leur fragile passage dans le monde »[2].

Depuis sa disparition en 2007, aucune exposition personnelle n’avait été consacrée en France au travail de Pascal Kern. C’est donc une très grande chance pour la galerie de pouvoir proposer une nouvelle lecture de cette œuvre, à de maints égards exceptionnelle.



[1] Philippe Piguet, « L’espace entre-deux », in Pascal Kern, Le Parvis, Tarbes et Parvis 3, Pau, 1992

[2] Régis Durand, « Pour une poétique des transferts », in Pascal Kern, C.A.P. Royan, 1994

Actualités

Conversation autour de l'oeuvre de Pascal Kern

21 Octobre 2017

Fait Maison

3 Mars 2017 - 29 Avril 2017

Passé recomposé

11 Février 2017 - 30 Novembre 2017