Aymeric Fouquez

Vit et travaille à Cologne

Presentation

Les photographies ont été réalisées dans le Nord, la Somme et le Pas-de-Calais où se sont déroulés la plupart des affrontements lors de la première guerre mondiale. L'intérêt d'Aymeric Fouquez pour les cimetières érigés appartenant aux anciens pays belligérants s'est porté sur leur incursion dans la campagne française. Le photographe nous invite à une réflexion sur le paysage, à savoir comment s'inscrivent ces territoires, presque un siècle plus tard sur le territoire souvent hostile des grandes plaines agro-industrielles du Nord de la France.

Biographie

Collections publiques

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Museum Folkwang Essen 

Deutsche Bundesbank

Fotomuseum Museum Winterthur

Textes

SEQUEL LANDSCAPES

Le territoire qui s'étend du Sud de Leipzig jusqu'à la frontière Tchèque est sans doute l'un des grands points d'interrogation sur la question de l'environnement et du paysage en Europe. Pourtant, lorsque l'on traverse ces grandes plaines, la végétation de chaque côté de la route laisse difficilement percevoir ces grands cratères, parfois larges comme des villes qui furent les mines de charbon à ciel ouvert.

L'exploitation  à ciel ouvert a commencé au début des années 20, et devient essentielle après 1945 pour l'Allemagne de l'Est. Pendant de nombreuses décennies, ce que l'on a dénommé « le triangle noir » a permis les grandes heures de l'industrie lourde et l'apport en énergie de tout le pays avec les désagréments écologiques que l'on connaît puisque toute la topographie de la région s'est transformée. Certains photographes ont d'ailleurs largement documenté ce sujet tel Koudelka durant plusieurs années ou encore Inge Rambow, peu après la réunification et témoignent de l'ampleur des transformations du paysage de cette région.

Le travail que j´ai mené se veut moins lié à l'idée de constat ou d'état des lieux, qu'à l'idée d'un « inventaire approximatif »1  des nouveaux usages de ce paysage en mutation. C'est en cela sans doute, une certaine continuité avec mes précédents travaux, à savoir l'association des traces de l'Histoire avec un environnement qui les fait vivre autant qu'il les transforme et donne une sorte de « sentiment géographique »2  de l'Histoire.

C'est ce que produise, je pense, ces « Sequel landscapes » qui sont le miroir des projections des pouvoirs publics qui hésitent entre l'ensevelissement du passé industriel et sa revalorisation, en essayant de trouver d'autres fonctions à ces espaces. En  effet, depuis une quinzaine d'années, l'Etat a envisagé la réhabilitation de cet environnement post-industriel notamment en décidant d'immerger les anciennes mines, de les transformer en lac, en créant également des espaces de loisir, en aménageant des pistes cyclables ou encore en  développant des sports nautiques. Ce sont les nouveaux usages officiels mais surtout spontanés qui m'intéressent ici car ils posent d'une façon très directe la question du paysage. De « l'invention du paysage » pour reprendre la formule d'Anne Cauquelin.

Certaines mines sont depuis longtemps immergées. Cependant, mon intérêt se porte davantage sur les espaces encore transitoires.  Lorsque les différentes strates  encore visibles de l'histoire de ce paysage sont mélangées aux usages nouveaux et encore incertains des habitants. Ceux là même, qui deux décennies plus tôt, ont vu ces tours Eiffel allongées s'approcher jusqu'au ras de leur maison dans un nuage noir et qui à présent, par un curieux tour forcé de l'Histoire, peuvent, incrédules, en sortir aujourd'hui en maillots de bains.

Aymeric Fouquez

1 Georges Perec, La Vie mode d'emploi, Hachette, coll. « POL », 1978

2 Michel Chailloux, Le sentiment géographique, Gallimard, Paris, 1990.  

3 Anne Cauquelin, L'invention du paysage. Paris, PUF, 2000

 

Ets. Giorgetti, Sculptures

Le sublime est corrosif

Jacques Prévert, Fatras.

Ets. Giorgetti, Sculptures  est le second volet du travail prospectif entamé depuis plusieurs années dans le Nord de la France. Il se concentre cette fois sur un seul lieu, les établissements Giorgetti. C'est un commerce de charbon créé dans les années 1920 par une famille d'immigrés italiens et dont la troisième génération livre encore quelques rares sacs de charbon  à quelques foyers environnants. On y trouve aussi du fioul, du gaz, des pommes de terre, des endives, des pommes. Mais le plus remarquable n´est pas tant les choses que l´on y trouve que la manière dont elles sont agencées. La multitude d'objets, d'animaux et de matériaux qui remplissent l'espace n'a d'égal que la créativité employée pour leur donner un ordre. Cet ordre lui-même ne semble trouver son origine que dans son questionnement. Il en résulte une frontière perméable entre l'utile et l'obsolète, là où le chaos, l'inventivité, le temps et l'aléatoire prennent forme.

Aymeric Fouquez, avril 2012

 

NORD

Les photographies ont été réalisées dans le Nord, la Somme et le Pas-de-Calais où se sont déroulés la plupart des affrontements lors de la première guerre mondiale. L'intérêt d'Aymeric Fouquez pour les cimetières érigés appartenant aux anciens pays belligérants s'est porté sur leur incursion dans la campagne française. Le photographe nous invite à une réflexion sur le paysage, à savoir comment s'inscrivent ces territoires, presque un siècle plus tard sur le territoire souvent hostile des grandes plaines agro-industrielles du Nord de la France.

 

EN CHANTIER

Aymeric Fouquez s'intéresse à la fonction et à la représentation des lieux de pouvoir, lieux de travail, lieux de loisirs. Il s'attache à les photographier dans un espace de temps particulier : soit ces lieux sont sur le point d'apparaître, soit sur le point de disparaître. Le quartier Masséna, dont le coordinateur est l'architecte Christian de Portzamparc, a une vocation autant artistique, avec les frigos, qu'universitaire avec Paris 7. L'université Denis Diderot a accueilli, en 2005, près de 20 000 étudiants dans 110 000 m2 pour atteindre 150 000 m2 en 2009. Pour saisir en 2001 le début de cette transformation urbaine, Aymeric Fouquez, jeune photographe, a été invité à porter son regard d'artiste sur le chantier de cette nouvelle université.