Pierre Schwartz

Vit et travaille à Montpellier (France)

Presentation

Conceptuel et plasticien, le travail de Pierre Schwartz ne parvient pas à étouffer la fibre humaniste qui gouverne la réalisation de son projet et sans doute vibre-t-elle un peu plus fort sur les terrains les plus humbles, quand les buts ne sont pas tous, comme à Sarajevo, à Mexico, ou à Istanbul de solides et réglementaires tubulures de métal aux normes dimensionnelles de 6m x 2,1m. Au Vietnam comme au Ghana ou en Afrique du Sud, la norme se plie à la disponibilité des trois bois assemblés en un parallélogramme précaire pour offrir comme ailleurs une qualité de jeu, l'énergie du combat et peut-être le commencement d'une ambition de carrière. Pause nécessaire dans ce long traveling qui déroule sans prévenir des arrières plans d'usine, de terrains vagues, ses perspectives de pylônes et de barres de cités, la brousse, la forêt, les rives des grands fleuves apportent leur mi-temps agreste et poétique, comme les autobus leur espoir d'ailleurs.

Hervé Le Goff, « Cages de gloire », extrait

Biographie

Textes

BUTS

Il s’agit d’une série de photographies en noir et blanc de buts de football prises de façon systématique en utilisant le même point de vue.

Le but de football m’intéresse parce qu’étant à la fois un objet ordinaire simple, situé le plus souvent dans un paysage banal, il devient épisodiquement un objet de convoitise, délimite un espace sacré et occupe une place dans notre mémoire. Le but est universel, immédiatement reconnaissable et lisible. A cette identification, s’ajoute la relation d’une forme dans le paysage. Par le jeu de la photographie, la structure devient une sculpture et constitue le cadre involontaire d’une portion d’espace de l’arrière-plan. En la photographiant, j’introduis un jeu du cadre qui impose un point de vue unique, frontal, centré, c’est aussi la place du tireur de pénalties. Cette pratique systématique me conduit ainsi à enregistrer un paysage donné par le hasard et sur la composition duquel je n’ai que peu d‘initiative. L’idée a pris la forme d’une collection. En France, en Espagne, au Vietnam, au Ghana, au Mexique, en Afrique du Sud, à Sarajevo j’accumule les clichés en utilisant le même point de vue afin de mettre en évidence l’universalité d’une forme fixe dans la variabilité d’un paysage. 

Pierre Schwartz

 

Cibles momentanément abandonnées, les buts se prêtent à la recherche formelle d'un artiste littéralement encagé dans un rythme obsessionnel qu'enrichissent les variations de l'environnement ou du paysage et que rompent quelques étapes insolites, comme ce filet peint en faux trompe-l'œil sur une muraille bétonnée à Cao Vinh au Vietnam ou ce calvaire de Saint-Jean du Bruel exposant son Crucifié à la violence d'un shoot trop bien centré (…).

Conceptuel et plasticien, le travail de Pierre Schwartz ne parvient pas à étouffer la fibre humaniste qui gouverne la réalisation de son projet et sans doute vibre-t-elle un peu plus fort sur les terrains les plus humbles, quand les buts ne sont pas tous, comme à Sarajevo, à Mexico, ou à Istanbul de solides et réglementaires tubulures de métal aux normes dimensionnelles de 6m x 2,1m. Au Vietnam comme au Ghana ou en Afrique du Sud, la norme se plie à la disponibilité des trois bois assemblés en un parallélogramme précaire pour offrir comme ailleurs une qualité de jeu, l'énergie du combat et peut-être le commencement d'une ambition de carrière. Pause nécessaire dans ce long traveling qui déroule sans prévenir des arrières plans d'usine, de terrains vagues, ses perspectives de pylônes et de barres de cités, la brousse, la forêt, les rives des grands fleuves apportent leur mi-temps agreste et poétique, comme les autobus leur espoir d'ailleurs. (…)

Hervé Le Goff, « Cages de gloire », extrait